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2,3 millions d'emplois, déficit réduit de 2 points, promesse climat tenue : le budget qui contredit Bercy
Alors que la France sort d’une nouvelle canicule et traverse un énième épisode d'instabilité budgétaire, un collectif d'économistes publie un contre-budget pour 2027, à même de stabiliser l'économie française et d'engager la bifurcation écologique. Chiffré à l'aide d'un modèle macroéconomique, ce budget permet de créer 2,3 millions d'emplois d'ici 2035, de réduire le déficit public de 2 points tout en réalignant la France avec ses engagements climatiques.
[Paris, 8 juillet 2026] La politique d’allègement fiscal des deux derniers quinquennats, qui promettait de libérer la croissance et de réduire le déficit public, n’a de toute évidence pas atteint ses promesses. Estimé par le collectif à environ 50 milliards d’euros par an, le coût de cette politique a participé à l’explosion de la dette sans pour autant améliorer la vie des Français. Le diagnostic du collectif est simple : il faut renverser le débat, le problème n’est pas tant la dépense que l’effondrement des recettes.
Il est l’heure de se donner les moyens. Une taxe Zucman et un ajustement du barème de l’impôt sur le revenu permettent à eux seuls d’investir les 40 à 60 milliards d'euros indispensables à la transition écologique (rénovation des bâtiments, énergies renouvelables, transports). En parallèle, pour faire reculer efficacement le chômage, le collectif simule une garantie d'emploi et une réduction du temps de travail (à 32 heures par semaine). Combinées, ces politiques créent une relance économique : les carnets de commande des entreprises se remplissent, la hausse d’activité génère des revenus qui à leur tour augmentent les recettes. Bilan des courses à l’horizon 2035 : un chômage ramené autour de 5 %, 2 points de moins de déficit et un réalignement sur la trajectoire de l'accord de Paris.
Dérapages à répétition, alertes internes ignorées, chiffres tenus secrets : entre 2022 et 2025, Bercy s'est trompé de dizaines de milliards d'euros par an. Preuve que les modèles ne sont pas neutres : ils décident en amont du débat parlementaire ce qui est jugé « réaliste » ou « impossible ». Ce rapport ne fait pas que chiffrer un budget alternatif : il ouvre la boîte noire des outils utilisés par nos institutions et montre comment leurs présupposés rendent invisibles des propositions politiques pourtant abondamment soutenues par la littérature scientifique. Décrypter la fabrique de l'expertise économique, c'est rouvrir le champ des possibles budgétaires.
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Lien Rapport - Un autre budget est possible - Ecohésion
Contact presse
Maëlle Bousquié - maelle.bousquie@gmail.com - +33 6 77 66 08 05
Démocratiser les outils de modélisation macroéconomique

[Paris/Pisa 26 juin 2026] Ecohesion contribue à la Feuille de route pour l’éradication de la pauvreté au-delà de la croissance, présentée au Conseil des droits de l’homme des Nations unies par Olivier De Schutter, Rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme. Cette publication réunit 80 propositions concrètes, élaborées avec la contribution de plus de 400 expert·es.
Notre contribution, intitulée Democratising the Macroeconomic Modelling Toolbox, a été rédigée par Simone D’Alessandro, Matthieu Bordenave et Kilian Rouge.
Elle part d’un constat central : les modèles macroéconomiques ne sont pas des outils neutres. Le choix des variables, des mécanismes et des hypothèses influence les politiques qui apparaissent possibles ou souhaitables. Les modèles les plus utilisés tendent encore à accorder une place limitée aux enjeux de pauvreté, d’inégalités et de limites écologiques.
La proposition invite donc à repenser la gouvernance de la modélisation économique. Elle recommande de renforcer la transparence et la reproductibilité des modèles, de confronter plusieurs approches méthodologiques, d’associer les citoyen·nes et les parties prenantes à leur conception et de mieux les adapter aux réalités locales.
Elle propose également d’élargir les critères utilisés pour évaluer les politiques publiques, en intégrant davantage la distribution des revenus, l’emploi, la pauvreté, le bien-être et le respect des limites planétaires.
Démocratiser les outils macroéconomiques signifie rendre plus visibles les choix qui structurent les modèles et ouvrir leur utilisation au débat public. L’objectif n’est pas de réduire le rôle de l’expertise, mais de la rendre plus transparente, pluraliste et responsable.
